sandrine

« Les personnages sont clairement dessinés mais sans clichés, ce sont des gens « à côté ». Lui joue sans jouer, les gestes délicats, le corps qui s’excuse d’être là. Et elle c’est une voix, au départ on se dit « ça ne marchera pas », sa voix comme un cri, les mots ravalés, accrochés, lâchés… et puis ça devient autre chose, un flot, un monde, un nouveau son inconnu jusque-là ; ça parle d’ailleurs, c’est lancinant et on est empêtré dans son corps, dans sa voix, dans ses bras qui s’agitent dans le vide.


On suit le récit d’un méchoui, un karaoké, une sortie au supermarché… Une vie de rien, mais ce n’est jamais condescendant, jamais complaisant, bouleversant et sans pathos. Ça n’a pas de nom, ça se décolle du réel, ça va vers le poème, Sandrine est emportée par la vague, elle perd pieds elle se noie littéralement vers la fin. Ce n’est donc pas du théâtre documentaire, on a dépassé le théâtre du quotidien, ce n’est pas poli, pas lissé, c’est radical avec humilité, c’est ce qu’on appelle un art brut. »


Aurélie Charon, Esprit critique (France Inter ) - 10 mai 2010.

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crédit photo : Hervé Veronese - Centre Pompidou